Endo – 12/11/19

Ce matin, je ne me lève pas. Je reste au chaud, sous les draps, même si j’ai l’air, je ne dors pas. Couchée sur le côté, les mains sur le ventre à le tenir, le retenir comme s’il allait un jour tomber. Le réchauffer sans trop appuyer car même le poids d’un simple drap est douloureux pour moi. règles-abondantesLes yeux fermés, en réalité concentrée sur ma respiration, essayant de contrôler mes cris de douleur. C’est injuste, c’est de la torture. Je souffre tellement d’être une femme. Personne ne me fait subir cela, je ne me m’inflige pas. C’est simplement la façon de fonctionner de mon corps. Comme si une main invisible venait me tordre les boyaux, comme si les ongles éguisés de celle-ci me grattait les ovaires et me brûlait le bas du dos. J’ai tellement mal. Je ressens la douleur dans le bas du ventre puis elle monte jusqu’à l’estomac, me prend tout le dos. Il m’arrive d’avoir envie de vomir tant la douleur est forte. Chaque mouvements ou immobilisations créent des spasmes intenses, parfois même quand la douleur est linéaire j’ai, sans crier gare, la sensation qu’on me plante un coup de couteau dans le ventre. Je cris, je hurle, je m’accroche à ce que je peu tenir et serrer très fort, parfois c’est la main de Chéri et pour éviter de le mordre (oui oui !), je mets un bouquin entre les dents. Je respire essayant de me calmer, me détendre, me relaxer. Mes larmes coulent, je pleure à chaudes larmes me cachant sous les draps. Une sensation de honte, de haine, d’injustice, d’incompréhension, une sensation d’être seule, toute seule à ressentir tout ce mal. Il en ai suivi, pour ma part, d’une impossibilité d’être debout, de me lever, de marcher. Même si je ne vais pas aller faire une randonnée, le déplacement jusqu’au toilettes devient un supplice et avant que je parle de sang, de tampons, de serviettes et autres cups… Faire pipi créé une douleur sans précédent car mine de rien, faire pipi solicite une contraction de la zone pelvienne là où tout se passe. Faire caca, pareil! period.-2-e1498052213557-1200x900M’asseoire sur les toilettes est devenu une activité de torture. Et voir tout ce sang qu’il faut maîtriser, protéger ma lingerie, mes draps, le sol… Quand les serviettes ne tiennent pas en place, qu’il faut quand même mettre un certain prix tout les mois pour une meilleure absorption, un meilleur confort. Je pense aux serviettes lavables, réutilisables mais combien? quelle taille?, et le prix? Si je me trompes ? Et pour les laver, a quel fréquence ? Si je ne tiens pas debout, si la douleur m’empêche de les laver au fur et a mesure, je ne vais ni les laisser stagnantes dans le lavabo ni demander a chéri de gérer leur nettoyage régulier. J’ai arrêté d’utiliser des tampons. Ça aussi ça a un coup! Je suis passé aux tampons bio quand j’ai appris que (bien évidemment) retirer un tampon laissent des dépôts dans le vagin qui peuvent s’infecter et la composition du tampon chimique est cancérigène. Même si je n’ai jamais rien chopé de la sorte, ce qui m’a conforté dans l’arrêt de leur utilisation, c’est la douleur que l’insertion provoquait dans toute la zone pelvienne telle des vibrations de douleurs. C’était pareil quand je le retirais. Sur conseils avisés de mes copines et après la visualisation de différents témoignages j’ai sauté le pas pour la cup. Je me suis, les premiers mois concentrée sur le côté pratique et le fait que, contrairement au tampons, je pouvais avoir une idée quantitative de mon flux mais aussi voir mon sang couleur, texture… Pensant à tout cela et ayant aussi l’habitude de souffrir avec le tampon, j’ai fais abstraction de la douleur au moment de la mise en place et de la retirer jusqu’au moment où je me suis dis que je ne voulais plus m’infliger tout cela. Ça explique aussi les pénétrations douloureuses lors de mes moments intimes. J’ai toujours pensé que c’était normal d’avoir mal et que c’était peut être « ça » le fameux plaisir dont tout le monde parle. Je m’en suis conforté à l’idée et j’ai dis ok!

10aSuite au diagnostique de l’endométriose, ma gynécologue me propose d’être sous contraception hormonale en continue et ne plus jamais avoir de règles. Une expérience que j’ai testée pendant 1 an et demi le temps qu’on fasse les examens nécessaires à la détection de la maladie. Ne pas avoir mes règles n’empêchait pas la douleur alors, je prenais de la morphine qui ne faisait pas tout. Bien que diminuées, les douleurs étaient toujours là… Ne prenant déjà pas de médicaments au quotidien, ni de contraception hormonale pour des raisons évidentes de santé il était hors de question que je me « soigne » de la sorte. Comme tout le reste de ma vie je vais piocher dans mon alimentation, les plantes, la méditation… Car quitte à vivre avec la douleur que ça ne me détruise pas autre chose car les effets indésirables des médicaments anti douleurs peuvent être grave tel que l’infertilité, la destruction des reins, du fois, des poumons….

Chaque mois pourtant je voyais venir ce moment. Pendant des années, j’ai eu du mal à l’anticiper, à le préparer.
Chaque mois c’est comme si je découvrais à nouveau la douleur. J’oubliais qu’elle avait existée le mois précédent et tout les mois d’avant depuis mes 15 ans.
Chaque mois, il faut le vivre à nouveau. Vivre avec ma douleur, m’en imprégner, m’habituer.
Chaque mois, je la sens venir, je la sens s’installer et m’envahir. Je me sens tellement impuissante.calendrier-des-regles-ma-louloute-1

Chaque mois ça commence par un check sur le calendrier, avec un peu de chance, elles vont arriver à la date indiquées. Trop souvent, elles sont en retard et malgré mes précautions, je crains une grossesse. Je m’inquiète. Nous nous inquiétons, nous nous projetons même parfois, on se prends à rêver de passer à +de 3.. puis elles débarquement, parfois avec 10/15 jours de retards. C’est le soulagement mais pour peu de temps. Les maux de tête, les seins sensibles et douloureux à la fois que simplement le passage du t-shirt me fait grimacer et serrer les dents. Je les attrape, les maintient pour les empêcher de bouger ou toucher quoi que ce soit. Puis arrivent les gentils tiraillements dans le bas du ventre, les premiers saignements. Mon attitude, mon comportement qui changent, mon stress, mon angoisse à l’idée encore d’avoir mal car je sais trop bien ce qui va arriver. Mes sauts d’humeur, en apparence, injustifiés ! Puis tout ces moments où je ne peux plus me lever, je me sens impuissante, dépendante. Ou je préfère faire chambre à part pour ne pas le déranger, où je ne peux diriger mon énergie sur rien d’autre que Moi.
Puis expliquer à ton employeur que je ne peux pas être là « juste pour des règles douloureuses » j’entends au bout du fil sa pensée où il se dit que je me fou de sa gueule ! Enfin je l’imagine car je pense que mes choix, inconscients, professionnels m’ont permis d’avoir la chance énorme de ne jamais avoir été au travail sur cette période du mois. Je m’en suis rendu compte quand justement je bossais, que j’ai du aller au urgences. C’était en 2016 et que j’ai commencé les examens pour l’endométriose. J’ai la chance, a l’instant où j’écris d’être dans une boîte qui m’a permise de rester chez moi, Chéri me remplace. Je réalisé vraiment la chance que j’ai et de pouvoir me consacrer, chaque mois, ce temps. De vraiment pouvoir diriger mon énergie vers moi sans autres contraintes. D’avoir une fille compréhensive et généreuse qui tout le reste du temps me solicite, quémande ma présence et mon intention et que ces jours la, elle comprends! J’ai la chance d’avoir toujours eu des Chéris au petits soins qui ne m’ont jamais jugés. Le dernier m’accompagne dans ma démarche de vouloir me « soigner » le plus naturellement possible et je ressens vraiment son soutien. Je consacre se temps à moi, à l’écoute de mon corps, de mes envie, je m’autorise à crier, à pleurer, à gémir, à méditer, à visualiser, à m’interroger. J’ai se sentiments d’être punie, d’être la seule puis je lis des témoignages. Je comprends mieux. Je me comprends mieux. Mais j’ai mal.

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